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Le Cameroun devrait produire le bois énergie de concert avec les populations locales

Au lendemain de la signature de l’appel appel à manifestation du 23 octobre 2019 relatif à la pré-qualification de cabinets spécialisés pour la réalisation de l’étude de faisabilité d’une unité de bois énergie dans la région de l’Est Cameroun, les petits charbonniers locaux de Lomié restes confrontés à d’énormes difficulté de métier. D’après cet appel à manifestation, l’usine devra procéder à la conversion thermochimique de la biomasse forestière pour en faire le bois énergie. La Directrice générale de la Société Nationale d’Investissement du Cameroun (SNI) signataire de cet appel devra s’assurer alors que cette mesure ne compromet pas les initiatives des populations locales déjà engagées dans la production du bois énergie. Bien au contraire, ce projet devrait permettre de résoudre les contraintes rencontrées par ces acteurs locaux

Ainsi, les charbonniers sont confrontés à plusieurs contraintes qui ralentissent la production optimale du charbon de bois. Parmi celles-ci figurent :

L’approvisionnement en rebus de bois

La matière ligneuse nécessaire à la production du charbon de bois ou encore le bois-énergie est essentiellement constituée des rebus de bois. En fait, les producteurs sont obligés de s’installer en bordure des usines de transformation des sociétés forestières où ils peuvent acquérir facilement des rebus de bois moyennant une maudite somme. Le nombre de producteurs étant en pleine croissance ce mode d’approvisionnement en matière ligneuse n’arrive plus à satisfaire la demande en rebus de bois de plus en plus grande. Pour combler ce déficit, certains charbonniers ayant un peu plus d’argent louent des bennes ou des camions grumiers qui vont chercher directement les rebus de bois en forêt dans les chantiers d’exploitation des sociétés forestières.

L’éloignement des marchés pour la commercialisation

Les meilleurs marchés sont principalement dans les grandes villes notamment Douala et Yaoundé. Le septentrion compte tenue de la raréfaction des forêts denses rencontre d’énorme difficultés en approvisionnement en bois de chauffage, ce qui accroit la consommation en charbon. Ce point constitue également un meilleur marché du charbon. Il se pose cependant un véritable problème de transport du charbon du lieu de production vers les marchés urbains et la zone septentrionale. La location d’un camion pour le transport n’est pas à la portée des petits producteurs.

Les outils et méthode de production anarchique

Les méthodes utilisées sont essentiellement anarchiques et ne permettent pas une production maximale. Qu’il s’agisse de la méthode « Kamanseize » ou encore à l’aide de fours métalliques, la production n’excède pas 20 sacs. Compte tenu de cette faible production, il devient difficile voire impossible de satisfaire la demande en charbon sur l’étendue du territoire national.

La légalité du charbon sur sa chaine de valeur

Deux Ministères sont en charge de ce secteur notamment le Ministère de l’environnement de la protection de la nature et du Développement durable (MINEPDED) et le Ministère des forêts et de la faune (MINFOF). A cet effet le charbon de bois a été classé comme un produit spéciale sa production à but commercial est règlementé par l’obtention d’un certificat d’Origine (CO) et des lettres de voiture en cas de transport d’importante quantité. La conformité à cette règle reste un cheval de batail pour les petits producteurs qui doivent débourser 150 FCFA par sac auprès du Chef de poste forestier de la localité pour obtenir le CO.

Au regard de ces obstacles à la production du bois énergie local, SEGEF recommande pour une meilleure implémentation du projet d’installation d’une usine de production du bois énergie dans la région de l’Est, de considérer contraintes des charbonniers locaux et les impliquer comme de véritables parties.