Skip links

Production du charbon de bois, un métier faiblement valorise au Cameroun

Si le bois de chauffage reste la meilleure source d’énergie des ménages ruraux, c’est par ce que cette source d’énergie reste plus accessible et de plus en plus, on observe une transition d’utilisation du gaz domestique vers le « bois énergie » encore appelé « charbon ». De nombreux types de « charbon » rivalisent d’adresse actuellement au Cameroun en fonction de leurs modes de production et de la matière première utilisée. Ainsi, on distingue le « charbon » produit dans les « Kamanseizes » et celui produit dans des fours métalliques. Suivant le type de la matière première utilisée, on distingue le charbon fait à base de la paille, de la bourse de bœuf, ou encore celui fabriqué à partir bois etc.  Ce produit est très prisé en zone urbaine et encore plus dans la partie septentrionale du Cameroun ou la matière ligneuse se fait rare.

Au Cameroun, les pôles de production de charbon à base de bois se situent dans la région de l’Est et du Sud Cameroun.  Des charbonniers locaux s’organisent du mieux qu’ils peuvent pour produire, valoriser et vulgariser ces produits. Ainsi, l’Association des Charbonniers Ressortissant du Haut-Nyong (ACHARH) basée à Lomié a expérimenté les deux modes de production de charbon à base des rebus de bois. Cette dernière produit du charbon aussi bien par la méthode « Kamanseizes » et par celle des fours métalliques.

La méthode de « Kamanseize » est la méthode classique. Elle consiste à défricher un espace afin d’y établir un four au sol. Par la suite, il faut déposer autant que possible, des rebus de bois en un tas bien empilé et compact ; déposer des herbes au-dessus et de la suie de bois jusqu’à recouvrir totalement le tas de rebus de bois. Une fois cela fait, mettre le feu. Il convient de rester très vigilant durant la période de carbonisation afin d’éviter que le bois ne se consume totalement. La carbonisation terminer, le brasier est éteint à l’aide de l’eau. Il ne reste qu’à ramasser les morceaux de « charbon » qui sont par la suite emballés dans des sacs.

La méthode de production par les fours métalliques quant à elle consiste à empiler dans les cuves conçues à cet effet des rebus de bois jusqu’à saturation, du four métallique. Une fois cela fait, mettre le feu et couvrir avec le couvre du four métallique. Se rassurer que le four est hermétiquement fermé cela requière parfois de l’argile afin de boucher toute fuite du four. Seules des ouvertures appropriées permettent d’approvisionner l’intérieure du four en air oxygénée afin de favoriser la carbonisation. Une fois le feu allumé, ouvrir les cheminées pour laisser s’échapper la fumée issue de la carbonisation. Deux jours après, le four est étouffé en bloquant tout simplement les ouvertures d’approvisionnement en air oxygénée. Attendre deux jours de plus pour que le four se refroidisse et récupérer le charbon produit.

Pour Mme AZENKILA Claudette, propriétaire de deux fours métalliques : « La méthode de production par les fours métalliques permet de produire un charbon de meilleure qualité que celui produit avec les Kamanseize. Son charbon est plus solide et s’écrase moins vite. Cependant, son inconvénient repose dans sa capacité productive qui ne dépasse pas dix sac de 100 kilogrammes. Les Kamanseize par contre vont bien au-delà et parfois peuvent produire jusqu’à 20 sac en une seule carbonisation. D’autre part, il faut parfois attendre jusqu’à quatre jours, le temps de la carbonisation et le refroidissement du four métallique ce qui prend plus de temps contrairement au Kamanseize ».